Bien qu'à certains moments, avant et après l'épreuve, nous avons l'impression de ne pas en avoir pour son argent (Pasta party... payante, cadeaux un peu limite, award Ceremony limite, tout extrêmement cher), L'Ironman d'Angleterre reste très belle et touchante. Le cadre est à couper le souffle, les volontaires sont dévoués et géniaux, les parcours sont magnifiques, non monotones et...dures (comme dirait Christ sur son site: "qui a dit qu'un IM devait être facile")! Allons-y donc pour résumer un des Ironmen que l'on peut classer dans les plus dures qu'il soit!
Après un réveil matinal à 4h00, voici les derniers préparatifs. L'ambiance est lourde, tenue... Jf, Marc et moi échangeons quelques mots pour casser ce stress mais en vain nous sommes déjà dans notre course. 6h00 le départ sur un jour qui se lève. Pour ma part, j'ai tout de suite senti de bonnes sensations en natation. J'étais dans un bon petit pack de 4 - 5 gars. Aux différents turning points de bouées, je me rendais compte que les bonnets blancs des pros n'étaient pas loin. La course commençait bien! J'ai suivi scrupuleusement les conseils de notre coach Marc. Je me martelais 'Rythme et allonge'. Au final en quittant l'eau Bingo!!! 53'57" (contre plus de 59' l'année passée). Très bonnes sensations de fraîcheurs. Aucune idée de la place à ce moment.
En route pour le deuxième volet du triptyque. Rapidement je rattrape une dizaine de concurrents. Vers le 30ème km, je ne remonte déjà plus personne... étrange. Il n'y a pas grand monde autour de moi à part ce fou furieux en Kuota Kalibur, roue à bâtons et casque profilé que j'essaye de garder en point de mire depuis qu'il m'a doublé! ... re étrange. Nous sommes quand même bien sur un label IM avec 1200 partants. Ils sont où (à un moment je me suis demandé si je ne m'étais pas trompé de chemin!!! Je vous jure)!?. Après 45km JF (le frère de Christ), revient sur moi nous avons fait le reste de la course ensemble (je vous rassure, sans drafting très proprement, comme tous les coureurs sur ce triathlon!). Après une centaine de km, on s'est vraiment rendu compte que nous étions avec les tous bons! Si des gars nous remontaient, c'était tjs avec des solides allures alors que nous tournions déjà bien (32.6km/h pour ma part avec plus de 2000m de dénivelé, multitude de petites bosses sans vraiment l'occasion de récupérer entre elles)!!! De plus, un spectateur me lance "gnagnagna and thirty"! Quoi, nous
sommes dans les 30... pas possible! Allez restons concentrés, la route est encore longue... très longue. Entre le 120ème km et le 130km, JF a eu un "solide coup de barre" (dixit JF) mais avec son expérience, il s'est refait une santé et est revenu à mon niveau. Dans le 3ème et dernier tour du vélo, l'organisme était vraiment usé mais JF et moi tenions une cadence régulière. Nous déposons nos vélos autour de la 36-38ème place. Whaow! Que 6h20 de course! A ce moment, je me dis qu'en faisant un marathon un peu meilleur que l'année passée, je peu descendre en-dessous des 10h! Je me ressaisi
néanmoins vite... en me disant que la course est encore longue et que tout pouvait arriver. Le meilleur comme le pire et je devrai le gérer.
A pied, les choses étaient claires dés le début nous attaquions directement la première des nombreuses côtes qui allaient jalonner les 700m de dénivelé du parcours. JF et moi sommes partis à nos rythmes respectifs. Jusqu'au 12-13km j'était très bien. Après... 2 étaux se sont mis à comprimer mes mollets et chacune des bosses à gravir étaient plus douloureuses que l'autre. Sur le plat la gestion des douleurs était possible mais en bosse la
marche était de rigueur. J'ai perdu ainsi une grosse dizaine de places entre ce moment et le 37ème km. Au 38ème, l'avant dernier rativo! Je me dis là tu ne marches plus, tu oublies la douleur et tu en finis avec cette course. Je rattrape un dernier concurrent, un autre me redouble... Je donne tout, à 200m de l'arrivée Arnaud me passe mon drapeau belge avec lequel j'ai pris l'habitude de franchir la ligne d'arrivée de mes LD. Dernière ligne droite
de 50m, une haie de Pompom girl m'accueille. Ma fille Alice et ma filleule Céline m'attentent pour passer la ligne avec moi. Au final 10h07, temps inespéré avant la course au vu du profil. Je termine 49ème, un Top 50 sur un labélisé, incroyable.
Plus tard Marc, Jief et moi nous nous retrouvons dans un des jacuzzis mis en place pour nous détendre... Les premiers échanges d'image peuvent commencer